Réussir sa réadaptation

Rentrer « chez soi », des mots qui résonnent particulièrement à mes oreilles tant j’avais l’impression d’être partout à ma place sur cette terre.

Prendre la décision de quitter un lieu d’ où je jouissais de tout le confort matériel ne fût pas la plus facile ; démissionner de son travail, prendre son billet d’avion pour se rendre à des kilomètres de mon environnement familier, me dépouiller de mes avoirs en mobilier, se défaire de mes « habitudes », tout cela engendre un stress dont on n’a pas conscience sur le moment, mais cela ne vient qu’après…

Sur le moment, l’excitation liée au départ prochain et les préparatifs occultent tout le reste ; j’ai arrêté de travailler quatre jours avant la date d’envol et lorsque je me suis retrouvée à l’aéroport les yeux cernés de ne pas avoir dormi les nuits précédentes, la peur d’une annulation du vol pour cause de Covid-19 est venue grossir ma dose d’anxiété.

Ce n’est qu’une fois dans l’avion que ma tension est redescendue à un niveau acceptable et je me suis endormie dès le décollage ( je n’ai jamais réussi à dormir dans un avion auparavant).

L’émotion, inutile de le dire était très forte à l’arrivée en Guadeloupe et il m’a fallu quelques jours pour réaliser que j’étais bien rentrée au pays et qu’il ne s’agissait pas d’un rêve !

Se réadapter à la chaleur tropicale, ralentir le rythme et me mettre au diapason de la vie antillaise n’est pas du tout évident ! Le plus difficile était de rester au repos car lorsque j’ai pris conscience de mon état de fatigue, je n’ai pas eu d’autre choix que de rester tranquille et ce fût une première là aussi : deux mois et demi de vacances bien méritées pour la remise en forme avant de me lancer en chasse d’une nouvelle maison, un nouveau travail, une nouvelle réinstallation quoi !

A ce jour je dessine petit à petit le nouveau puzzle de ma vie : une nouvelle maison (avec ses tracasseries), un nouveau travail me permettant de concilier soins classiques et art-thérapie, bientôt une nouvelle voiture (obligée car vivre sur une île demande une autre organisation que dans l’Hexagone) et de nouvelles connaissances.

Tous ces changements ne sont pas dénués de conséquences physiques (perte de poids) mais je ne regrette pas ma décision. Ces dernières années, j’avais la très forte sensation d’un « manque » que tout le confort de mon ancienne vie n’arrivait pas à combler. Ce retour aux sources est une révélation car malgré les difficultés liées à la réinstallation, j’ai la conviction d’être là où il faut, au moment qu’il faut. Il ne me reste plus qu’à installer de nouvelles habitudes, plus saines je l’espère, à l’écoute de mes vrais besoins et dans un cadre qui me convient.

Maurice-M. Jack


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